« Les médailles de Jean de Berry »  

 

Parmi les objets précieux inventoriés en 1402 par Robinet d’Etampes, garde des joyaux du duc de Berry, quelques-uns peuvent être tenus pour des exemples précoces de médailles, sans toutefois qu’ils soient nommés comme tels dans le texte. C’est sous la rubrique « joyaux » qu’elles sont alors rangées, telles les célèbres médailles de Constantin et d’Héraclius connues par les répliques en argent conservées au Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France. Les premières occurrences du mot « médaille » en français se rencontrent seulement à la fin du XVe siècle dans les Mémoires de Commynes et dans les comptes de la municipalité de Lyon, mais « medaglia » existait déjà en italien pour désigner aussi bien les monnaies antiques collectionnées, que les médailles proprement dites. Cet art nouveau de la médaille, qui paraîtra si caractéristique de l’Italie de la Renaissance à partir du milieu du XVe siècle, est en fait né au cours de la dernière décennie du siècle précédent. A cet égard, il n’est sans doute pas inutile d’examiner de plus près les autres médailles décrites dans les inventaires de Jean de Berry. [...]

 

I. Villela-Petit, « Quelques réflexions sur les médailles de Jean de Berry », Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 2009 (2012), p. 163-174.