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« La coupe d’orfèvrerie sassanide »  

 

La célèbre coupe d’orfèvrerie sassanide du Cabinet des médailles est traditionnellement attribuée au roi « Chosroès ». Le rôle des séries monétaires pour l’identification des effigies royales de la dynastie est reconnu de longue date, mais les progrès considérables faits en un siècle par la numismatique sassanide n’avaient pas encore été pleinement suivis d’effet dans l’interprétation de l’œuvre, que nous proposerons ici de réattribuer au roi Kavadh Ier. Les comparaisons iconographiques doivent toujours tenir compte du contexte d’usage des objets, monnaies d’un côté, vaisselle de l’autre.

 

Summary The famous Sasanian gold plate in the Coin Cabinet in Paris is given by tradition to a king Khosrow. To identify king images of the dynasty, the usefullness of coin series has long been recognised, but the great advancement of Sasanian numismatics since a hundred years had little an effect yet on the interpretation of this masterpiece, that as discussed here should be attributed to king Kavad I. Iconographical comparisons need to take into account the context in which objects were used, coins on one side, plate on the other.

 

I. Villela-Petit, « La coupe d’orfèvrerie sassanide du Cabinet des médailles : nouvelle attribution », dans la Revue numismatique, t. 171, 2014, p. 729-745.

« La coupe de Salomon »  

 

L’étude de la postérité d’un chef-d’oeuvre de l’art de la Perse sassanide dans l’Occident médiéval a, dans un premier temps, conduit récemment à en reconsidérer l’origine.

Il convient en effet de réviser l’attribution de la coupe d’or sassanide sertie de verre et de gemmes du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France. Le cristal de roche taillé en son centre figure un souverain identifié depuis un siècle à un Chosroès, Khosro Ier (531-579) selon Adrien de Longpérier et Anatole Chabouillet, Khosro II (590-628) selon Ernest Babelon. La personnalisation des attributs de royauté des souverains sassanides, et plus particulièrement de la couronne de règne, permet généralement d’identifier les effigies royales dépourvues d’épigraphie par comparaison avec les représentations monétaires. Cependant, les progrès de la numismatique sassanide des dernières décennies, qui ont permis d’affiner la typologie, n’avaient pas encore été répercutés dans l’étude de la coupe. Ils permettent d’écarter l’hypothèse traditionnelle « Chosroès II » et de faire remonter la création de l’oeuvre au siècle précédent, très vraisemblablement sous le règne de Kavad Ier (488-530).

I. Villela-Petit, « La coupe de Salomon, l'image antique et sa réinterprétation médiévale », dans le Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, année 2014, 2021, p. 66-85.