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« Moderno »  

 

Après une première série de quatre petites plaquettes consacrées à l’histoire d’Hercule et Cacus vers 1487, toutes signées de son « nom commercial » (O.MODERNI), peut-être inventé pour l’occasion, l’artiste en ajoute deux de dimensions légèrement supérieures consacrées au héros éponyme d’Ercole d’Este, duc de Ferrare de 1471 à 1505. Il est d’ailleurs tentant de rapprocher cette production des plaques que fera Caradosso pour un précieux encrier d’argent proposé à Isabelle d’Este en 1505 (le Rapt de Ganymède, le Combat des Centaures et des Lapithes, Hercule et Cacus et Hercule et le lion de Némée). L’Hercule debout au lion de Némée semble être la première œuvre du Moderno directement imitée de l’antique (un didrachme d’Héraklée, vers 350 avant J.-C.). L’Hercule étouffant Antée qui lui fait pendant procéderait d’un dessin perdu de Mantegna qui a pu aussi inspirer avant 1504 les deux estampes de même sujet du graveur Giovanni Antonio da Brescia. Légendées « DIVO HERCVLI INVICTO », ces deux variantes placent le corps à corps à côté d’une souche d’arbre sec, un motif que l’on retrouve dans l’Hercule debout au lion du Moderno. Mais sa propre version du combat du héros contre Antée semble davantage se référer à la trilogie herculéenne peinte en 1460 par Antonio Pollaiolo au palais des Médicis à Florence et aux deux panneaux peints miniatures d’Hercule et l’hydre de Lerne et d’Hercule et Antée de 1470 (Florence, Galerie des Offices). [...]

 

I. Villela-Petit, « Moderno : Hercule et Antée », Le corps et l’âme. De Donatello à Michel-Ange, Sculptures italiennes de la Renaissance, sous la direction de M. Bormand, B. Paolozzi Strozzi et F. Tasso (Paris, Musée du Louvre, 22 octobre 2020 – 18 janvier 2021).

Editions du Louvre - ISBN : 978-88-3367-091-1