Les enluminures du Louvre

 

Complexe et toujours controversée est l’histoire des Très Belles Heures de Notre Dame et des trois manuscrits qui résultèrent de leur scission : le livre d’heures proprement dit (Paris, BnF, n.a.lat. 3093), un livre de prières (olim Turin, Biblioteca Nazionale, K.IV.29) et un missel (Turin, Museo Civico d’Arte Antica, ms. inv. n° 47). Ni la chronologie, ni les peintres, ni les commanditaires de leurs campagnes d’illustration successives ne sont tout à fait assurés. On y a reconnu de onze enlumineurs principaux (les mains A à K de Hulin de Loo, 1911) jusqu’à plus de trente (van Buren, 1996), en trois à sept campagnes d’exécution différentes... Les feuillets détachés du Louvre, qui proviennent du livre de prières, résument à eux seuls les difficultés de la question. Le livre fut initialement conçu pour Jean de Berry comme le révèlent le contenu textuel et le calendrier initial, le portrait du duc en prière devant la Vierge reine du ciel (Prières, fol. 78v) et en bordure de la Trinité (Missel, fol. 87), la devise du cygne navré qui l’accompagne, et les écus d’azur semé de fleurs de lys d’or à la bordure engrelée de gueules disposés notamment sur le dais mortuaire de l’Office des morts (Heures, fol. 58v), un emplacement traditionnel pour les armoiries du commanditaire. [...]

 

Notices n° 77-80, Quatre feuillets des Très Belles Heures de Notre Dame de Jean de Berry, n° 81, Portement de Croix de Jacquemart de Hesdin, et n° 82-83, Deux enluminures d’un Trésor des Histoires du Maître de Boucicaut.

 

Les enluminures du Louvre : Moyen Age et Renaissance, catalogue raisonné sous la direction de Fr. Avril, N. Reynaud et D. Cordellier, Paris, 2011, p. 140-162.

Hazan - Musée du Louvre - ISBN : 978-2-75410-569-9 et 978-2-35031-339-9

 

Voir aussi l’émission de Michel Field enregistrée le 18 octobre 2011 pour la chaîne Histoire : Historiquement Show : Fra Angelico