Les enlumineurs de la guerre

 

Quelques années seulement après la mort de Jean Froissart vers 1404 dans son Hainaut natal, ses Chroniques de la Guerre de Cent Ans vont connaître un grand succès de librairie à la cour de France à travers plusieurs copies richement enluminées pour des seigneurs, Bourguignons pour la plupart, mais aussi Armagnacs. Deux enlumineurs parisiens semblent s’être associés pour assurer cette production, sous la direction du libraire Pierre de Liffol : le Maître de Giac, qui réalise pas moins de huit volumes, et le Maître de Boèce, qui en peint quatre. D’autres enlumineurs les rejoignent ponctuellement (Maître de la Mazarine, Maître de Flavius Josèphe, Maître de Virgile...). Ils donnent des interprétations variées d’un programme d’illustration qui semble avoir été adapté selon les commanditaires. [...]

 

I. Villela-Petit, « Le Maître de Giac et le Maître de Boèce, enlumineurs de la guerre », dans le catalogue d’exposition Jean Froissart, chroniqueur de la Guerre de Cent Ans (Paris, Musée de l’Armée, avril-juillet 2010), Art de l’enluminure, n° 31, décembre 2009 - février 2010, p. 24-45.