« Propositions pour Jean d’Arbois »  

 

Philippe le Hardi († 1404), duc de Bourgogne en 1364, eut successivement à son service trois peintres en titre nommés Jean d’Arbois, Jean de Beaumetz et Jean Malouel. Seuls les deux derniers, toutefois, ont vu leurs personnalités artistiques reprendre forme et s’incarner à nos yeux dans des œuvres certaines. A Malouel († 12 mars 1415), peintre et valet de chambre ducal à partir du 15 août 1397 et jusqu’à la mort du duc en 1404, soit huit années, puis peintre en titre de son fils Jean sans Peur, on attribue avec toute vraisemblance la Grande Pietà ronde du Louvre et une Vierge à l’enfant entourée d’anges, dite aussi Madone aux papillons, de la Gemäldegalerie de Berlin ; et nous avons à nouveau proposé ailleurs d’ajouter au corpus la petite Vierge Beistegui conservée au Musée du Louvre. De son prédécesseur au service de Philippe le Hardi, Jean de Beaumetz, anobli par le duc en 1382, et son peintre en titre pendant vingt ans (de 1376 à la mort du peintre le 16 octobre 1396), subsistent deux des Calvaires réalisés pour les cellules des moines de la chartreuse de Champmol, l’un au Louvre également et l’autre identifié par Charles Sterling au Musée de Cleveland. Mais pour son tout premier peintre, l’éphémère Jean d’Arbois, seulement attesté dans les comptes de la cour ducale de 1373 à 1375, il n’est pour l’heure rien de comparable, aucune peinture qu’on puisse lui donner de façon un tant soit peu étayée...

 

I. Villela-Petit, « Propositions pour Jean d’Arbois », dans La création artistique en France autour de 1400, actes des XIXes rencontres de l’Ecole du Louvre (Paris – Dijon, 7 au 10 juillet 2004), Paris, 2006, p. 315-344.

Ecole du Louvre - ISBN : 2-904187-19-7