Les Francs dans l’Empire romain

 

Au-delà du limes du Rhin et du Danube, frontières de l’Empire, et des provinces romaines de Germanie, Rhétie, Norique, Pannonie et Dacie qui lui servent de glacis, s’étend au Nord et à l’Est un vaste territoire aux délimitations changeantes que ne structure pas le maillage de cités et de routes et sur lequel les légions n’ont pas réussi à prendre pied après l’éphémère Germania magna (12 av.-9 apr. J.-C.) qui allait jusqu’à l’Elbe. Tacite dresse un tableau ethnographique des Germains rétifs qui le peuplent (De origine et situ Germanorum, vers 98 apr. J.-C.). Cependant, dès le Ier siècle, l’armée romaine recrute parmi eux ses unités auxiliaires de cavalerie et sa garde impériale (garde batave de Néron, Equites singulares de Trajan) et la diplomatie de l’Empire accueille les chefs déchus, tel Mérobaud († 37), roi des Marcomans, reçu à Ravenne. Elle fait suivre les guerres de traités d’amitié garantis par des otages princiers, futurs agents de romanisation. Cette politique qui favorise les plus occidentaux, enrichis par le commerce frontalier et le service de Rome, crée des tensions dans le Barbaricum qui conduisent dans la première moitié du IIIe siècle à la formation de deux ligues de peuples sur le Rhin : les Alamans et les Francs. [...]

 

Inès Villela-Petit, « Les Francs dans l’Empire romain », dans Les Temps mérovingiens. Trois siècles d’art et de culture (451-751), Paris, 2016, p. 52-53.

RMN - ISBN : 978-2-7118-6328-0

 

Voir aussi : Les Temps mérovingiens