« Le Maître de Boucicaut revisité »  

 

Dans le cadre d'un programme de recherche sur les pigments et les colorants utilisés par les enlumineurs du Moyen Age, les auteurs ont eu le loisir d'examiner de plus près un manuscrit du début du XVe siècle particulièrement précieux : le livre d'heures du maréchal de Boucicaut conservé au Musée Jacquemart-André à Paris. C'est à ce manuscrit illustré d'un cycle important de miniatures en pleines pages que l'enlumineur qui en fut chargé doit son nom de convention : le Maître du livre d'heures du maréchal de Boucicaut, ou pour faire plus court, le Maître de Boucicaut. Grâce à des instruments d'observation et de mesures perfectionnés, ne nécessitant pas de prélèvement d'échantillons et permettant des analyses directes (loupe binoculaire et, pour les mesures, spectrométrie d'absorption dans le visible et spectrométrie de fluorescence X), la palette complète d'un grand enlumineur parisien du temps du roi Charles VI a pu, pour la première fois, être identifiée. Les résultats obtenus sont corroborés par l'étude de deux autres manuscrits : le Bréviaire de Châteauroux et un Livre des propriétés des choses traduit de Barthélemy l'Anglais, dans lesquels on reconnaît la main du même Maître. [...]

 

I. Villela-Petit et B. Guineau, « Le Maître de Boucicaut revisité : palette et technique d'un enlumineur parisien au début du XVe siècle », dans Art de l’enluminure, septembre - novembre 2003, n° 6, p. 2-33.

Voir aussi : « Couleurs et technique picturale du Maître de Boucicaut »